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mise à jour :

janvier 2026

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La Dauphine Gérin : sauve qui pneu !

 

Jacques Gérin et sa première Dauphine modifiée présentée à la presse.

Dessin du "Véhicule Universel Antichoc" par Jacques Guérin.

 

 

 

 

Jacques Gérin, inventeur français, pensait avoir trouvé la solution pour la sécurité automobile. Il remplaça le pare-chocs avant de sa Citroën DS par une roue de secours pivotante montée sur un cadre tubulaire en acier. Cela devait permettre de faire baisser le nombre d’accidents sur les routes en faisant dévier le véhicule...

Dans les années 1960, l'inventeur français Jacques Gérin, préoccupé par l'amélioration de la sécurité routière, imagine un unique en son genre, qu'il baptise le Véhicule Universel Antichoc. Son objectif est de concevoir une solution pour la sécurité automobile en cas de choc frontal. Pour cela, Gérin remplace le pare-chocs avant standard de sa Citroën DS par une roue de secours montée sur un axe lui permettant de pivoter, elle-même fixée à un cadre tubulaire en acier. Ce dispositif unique est conçu pour dévier la voiture en cas de contact, absorbant potentiellement l'énergie de l'impact et protégeant ainsi les occupants.

Cependant, les premiers essais ne sont pas très concluants. Un second exemplaire est réalisé sur une base de Renault Dauphine pour une présentation à la presse, puis un troisième, un peu plus abouti, toujours sur la même base, qui ne sera pas plus efficace. L'efficacité du dispositif pour des chocs à haute vitesse ou sous des angles différents n'était évidemment pas garantie par rapport aux systèmes passifs intégrés qui se développaient à l'époque. De plus, remplacer le pare-chocs par une roue de secours, bien que fonctionnel, modifiait de manière radicale l'apparence et le comportement du véhicule, soulevant des questions d'ordre esthétique et pratique.

Malgré l'ingéniosité de l'idée, le système de Gérin ne sera jamais adopté pour la production en série et le « véhicule universel antichocs » ne restera qu’un obscur prototype parmi tant d'autres, une simple curiosité technique. La tentative pionnière de Gérin pour améliorer la sécurité n'aura pas marqué l'histoire de l'automobile.

Article repris de la page Facebook Les Autonautes

Qui était Jacques Gérin ?

Inventeur prolifique, notamment dans les domaines de l'automobile et de l'aéronautique, Jacques Gérin (23 juin 1902 - 6 août 2000) est hélas bien oublié aujourd'hui. Jeune mathématicien prodige formé notamment chez Avions Voisin, on lui devra entre autres un engin démineur, l'aile d'avion à envergure et surface variable, la suspension à bras tirés avec ressorts amortisseurs horizontaux dont le brevet fut acquis par Citroën pour la 2 CV, et bien d'autres encore.

Son "Véhicule Universel Antichoc", n'était que l'aboutissement d'une idée qui avait commencé dès 1922, avec la création d'une automobile révolutionnaire désignée l'Aérodyne. Ce modèle à cinq places à moteur central, surbaissé et surprofilé faisait appel à des technologies aéronautiques innovatrices mises au point au cours de la Première Guerre mondiale. Gérin avait investi une bonne partie de la fortune familiale dans la construction de son prototype chez Paulin Ratier, constructeur d'hélices d'avions pour Voisin et Bréguet.

Gérin parcourut quelque 9 000 km avec son Aéodyne sans habillage, mais elle était trop en avance par rapport aux goûts du public et aux pratiques admises pour être acceptée à l'époque. Mais, comme dans le cas des concepts cars actuels, un grand nombre de principes conceptuels furent assimilés par la production courante aux cours des décennies qui suivirent.

Une autre invention marquante de Gérin sera le Varivol, un prototype d'avion à envergure variable de la fin des années 1930. On pouvait faire varier son envergure et sa surface alaire, et donc son allongement ; l'aile se rétractait dans le fuselage pour diminuer la traînée en vol de croisière, et était étendue pour les décollages et les atterrissages afin deprofiter d'une surface alaire importante. Hélas, le Varivol ne volera jamais.

Jacques Gérin vécut de 1959 à 1982 dans le château médiéval de Châtellenot, en Côte-d'Or. Ruiné, il le vendra et décèdera en 1983 à l'âge de 85 ans.

 

La seconde Dauphine modifiée par Jacques Gérin.