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janvier 2026

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Hino-Alpine : une dieppoise italo-japonaise !

 

La Contessa GT 1300 Sprint posant sous des cerisiers japonais...

Si le prototype blanc en fibre de verre a disparu, il subsiste deux exemplaires à carrosserie en acier, l'un d'eux de couleur ivoire.

 

 

 

 

Un coupé sport très élégant désigné Contessa GT 1300 Sprint est présenté en octobre 1966 au salon de l'automobile de Paris par la marque japonaise Hino. Dessiné par le célèbre designer italien Michelotti, elle est pourtant surnommé la "Hino-Alpine"... Alors, italienne, japonaise, ou dieppoise ?

La défunte marque japonaise Hino n'a pas produit que des camions. Avant d'être rachetée en 1968 par Toyota, elle avait produit des automobiles durant presque 15 ans, et pour ce faire, avait recouru à l'expérience de Renault en la matière. Après avoir produit quelques années localement une version de la 4 CV livrée en CKD par Billancourt, Hino en extrapola une berline plus grande, la Contessa, qui ne rencontra qu'un succès modeste. La marque nippone demanda donc l'aide du designer italien Giovanni Michelotti pour revoir entièrement le style du modèle, ce qu'il fit, même si les Contessa 1300 étaient loin d'être des modèles d'élégance...

Michelotti fit également des propositions de coupés sport pour chacune des deux séries : la Contessa 900 Sprint en 1962, et quatre ans plus tard la Contessa GT 1300 Sprint, également surnommée la "Hino-Alpine". Bien que très similaires en termes de design (la seconde étant dépourvue d'ouies latérales) la 900 Sprint continuait de s'appuyer sur une évolution de la plateforme de la 4 CV, tandis que la 1300 GT Sprint était élaborée sur un châssis-poutre de section circulaire en tous points similaire à celui des Berlinettes de Dieppe, sur laquelle reposait la carrosserie dessinée par Michelotti, réalisée en polyester renforcé de fibre de verre comme sur les Alpine et les CG à moteur Simca, ce qui la rendait plus légère que le modèle de série, avec un poids à vide de 850 kg seulement.

Il convient de rappeler au passage que ce n'était pas la première association de Michelotti avec Alpine, puisqu'il avait déjà dessiné les trois premiers coupés de Jean Rédélé sur base de 4 CV, les Rédélé Spéciales. Il avait également réalisé un coupé sur base de Berlinette au début des années 60.

Une culasse DOHC d'Alfa Romeo était montée sur le bloc GR100 revu par Alpine, et un carburateur Weber assurait l'alimentation. La 1300 Sprint était munie de quatre freins à disque et d'une suspension indépendante à chaque roue, autant de caractéristiques rarement vues au Japon à cette époque. La cylindrée du moteur de la Contessa était portée à 1 286 cm3 (au lieu de 1 251 cm3) et la puissance à 80 ch (ou 90 ch selon les sources), ce qui autorisait une vitesse maximale de 170 km/h.

Comme pour la 900 Sprint avant elle, une production en série est envisagée pour la 1300 GT Sprint, mais finalement abandonnée. Au moins deux autres prototypes avec carrosserie en acier seront construits en Italie, mais ne quitteront jamais l'Europe. En effet, l'’année 1966 est celle des déconvenues pour Hino, notamment à l’exportation. L'importateur français de Hino, la société E. Dujardin (installée à Charenton et Avenue de la Grande Armée à Paris) n'ayant pas réussi à imposer ces voitures exotiques dans l'Hexagone, Hino doit se retirer de France. L’usine israélienne qui produisait la Contessa en CKD rencontre des problèmes d’approvisionnement, tandis que l’implantation d’une usine aux Pays-Bas subit d’autres difficultés, et on n’y assemblera en faible quantité que des camions Hino. Du fait des retards entre la prise de décision et la concrétisation du projet, l’usine néerlandaise n'est plus du tout d’actualité au moment où le constructeur japonais décidera de stopper son activité automobile quelques mois plus tard.

Il faudra encore attendre une bonne décennie avant que Honda, Nissan et Toyota, dotés de moyens plus conséquents  et d'une plus grande expérience automobile renouvellent l'offensive commerciale sur le marché français, cette fois avec succès, mais les quotas d'importation limiteront les modèles japonais dans l'Hexagone, et il faudra attendre l'implantation d'usines locales pour que ces marques s'imposent réellement sur le marché.

Texte élaboré à partir de plusieurs sources, notamment le site Automobiles Japonaises

Giovanni Michelotti

Giovanni Michelotti nait à Turin en 1921. Il débute sa carrière sous la direction de Giovanni Farina (le frère de Pinin Farina) à l'usine Stabilimenti, qu'il intègre à l'âge de 15 ans. Suite au renvoi de Pietro Frua, il va être nommé dessinateur en chef à seulement 16 ans... En 1946, à la fin du conflit, Michelotti quitte Farina et travaille pendant un an chez Allemano avant de devenir styliste à son compte. Il officialise son statut de dessinateur indépendant en ouvrant son propre studio de style en 1949, et se met alors au service d'autres carrossiers tels Allemano, Ghia, Bertone, Viotti, Osi ou Vignale.

La General Motors lui propose au milieu des années 50 de prendre la direction de son bureau de style, mais il décline cette offre, préférant exercer son art à Turin avec ses confrères et amis carrossiers. Sa créativité et sa vitesse d'exécution attirèrent cependant l'attention de BMW et Triumph en 1957, et c'est ainsi qu'il devient le dessinateur attitré de ces deux constructeurs durant les années 60. On lui doit ainsi les carrosseries des Triumph Herald, Spitfire, 2000, TR 4 / TR 5 et Stag, mais aussi de la série des BMW 1500/1800.

En 1959, Michelotti fonde sa propre entreprise de carrosserie. Ayant la faculté de répondre à toutes les demandes, il s'adapte aux diverses particularités formulées par ses clients. Ses dessins savent être sobres, mais peuvent aussi se montrer totalement baroques selon les commandes et la latitude qu'on lui accorde.

Giovanni Michelotti, décède en 1980. La dernière voiture qui sortira de son vivant est la Scimitar SS1 du constructeur britannique Reliant. Le studio de design, dirigé par son fils Edgardo, cessera ses activités en 1992.

 

Le coupé Hino-Alpine présenté au Salon de l'Auto sera finalement immatriculé en France, comme on peut le voir sur cette photo. Qu'est-il devenu ?

Le second prototype à carrosserie en acier, de couleur rouge, a également été racheté par un collectionneur japonais.