![]() |
|
version 4.0 mise à jour : janvier 2026 |
P23 : le Matra-Van devient la Renault Espace |
![]() |
|
Ci-dessus et ci-contre : le prototype P23 présenté par Matra à Renault en 1982.
Le prototype P23 retravaillé par Renault en 1983.
Le même prototype avec la calandre définitive. |
Philippe Guédon s'est vu refuser son monospace "Matra-Van" par Peugeot, puis Citroën. Il joue donc son va-tout pour sauver son entreprise. Avant de proposer le prototype à un constructeur étranger — il voudrait le présenter à BMW —, Jean-Luc Lagardère, qui connaît Bernard Hanon, souhaite d’abord le faire connaître au PDG de Renault. Et Hanon est immédiatement séduit. Lui aussi connaît les Etats-Unis et l’engouement que les vans aménagés connaissent là-bas, et aurait même déclaré : « C’est la voiture à laquelle on aboutira naturellement lorsque l’on aura dépassé toutes les vanités automobiles. » Après un premier feu vert de sa part, Matra opère en octobre 1982 la reconversion en Renault de tout ce qui, sur la voiture, était signé Simca-Chrysler. Une plate-forme spécifique à plancher plat (contrairement à celle de la P18) est réalisée (aucune ne convenant dans la gamme Renault). Le nouveau prototype du Matra-Van, désigné P 23, représente une évolution importante du design, d’une part parce qu'Antoine Volanis a quitté Matra, et d’autre part, parce que la base que Matra utilise est désormais celle de la Renault 18, une traction avant à moteur longitudinal (le moteur Renault ne se prêtant pas à une disposition transversale, contrairement à ceux de la Solara et de la BX). De même, la suspension arrière est nouvelle, mais le train avant est celui de la Fuego. L’habitacle modulaire ne comporte encore que cinq sièges. Par mesure d’économie, les phares et les feux sont empruntés au Trafic. L’empattement est réduit à 2,55m, le museau est rallongé. La voiture mesure 4,25 mètres de long, soit une valeur inférieure à la Renault 18. La voiture est officiellement présentée au directeur technique et au directeur du produit de la régie par Philippe Guédon en décembre 1982. Malgré les réticences des techniciens, notamment sur le pare-brise du monocorps (soi-disant non homologable) et sur le plancher plat (au motif qu’il serait impossible d’en maîtriser les vibrations et l’acoustique), Bernard Hanon, complice de l’opération depuis le début, décide de produire la P 23. Philippe Guédon affirmera : « Sans Bernard Hanon, nous n’aurions jamais construit l’Espace. Ce n’est pas lui qui l’a conçue, mais c’est lui qui l’a voulue ». Cette fois-ci est la bonne pour Matra, et l'engagemetn de Renault sur le projet, assurant du même coup la survie de la firme de Romorantin. Renault va apporter sa pierre à l’édifice en ajoutant à la P23 un moteur de 2 litres de cylindrée, et surtout des sièges amovibles, véritable révolution dans la perception de l’univers automobile que l’on doit à Jacques Cheinisse, alors directeur « produit » du constructeur. L’étude d’une version utilitaire lui donne en effet l’idée de valoriser le plancher plat en utilisant des sièges démontables. Auparavant toutes les autres études avaient une banquette classique. Ainsi apparaît donc la caractéristique la plus révolutionnaire de cette automobile.
Texte élaboré à partir de diverses sources
|
Aménagements intérieurs du prototype P23 de Matra en 1982.
Poste de conduite revu par Renault en 1983. |
| Ce site n'est nullement affilié au groupe Renault ou à ses filiales. Il n'a aucun but de promotion et n'est pas lucratif. C'est un travail de passionné de la marque et de ses produits depuis 1945. | © Rhombomania 2008-2026 / BIS Productions - Tous droits réservés | Pour nous écrire
: |