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mise à jour :

janvier 2026

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L'originalité de la Twingo était aussi... à l'intérieur !

 

Les premières esquisse de Gérard Gauvry pour le tableau de bord de la X06.

L'aménagement d'origine avec les cadrans derrière le volant.

Un projet presque définitif avec l'unique console centrale.

 

 

 

 

La Twingo n'aurait pas été tout à fait la Twingo sans son design intérieur coloré, jeune et ludique, qui a été pour beaucoup dans l'appréciation du modèle et sa popularité. Il était dû au crayon expert de Gérard Gauvry.

Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, une chose est certaine : le design coloré et un peu "jouet" de la première Twingo ne laisse personne indifférent. Le cahier des charges était clair : il fallait remplacer la Renault 4 comme voiture d'entrée de gamme, donc on s'adressait principalement aux jeunes, et il fallait que le véhicule ait un côté ludique.

Formé aux Beaux-Arts de Grenoble, puis aux Arts déco et à l’École Boulle à Paris, Gérard Gauvry, designer intérieur, fut choisi pour élaborer l'intérieur de la X06, s'est fort bien acquitté de la tâche. Et l'on voit que dès les premiers croquis, il avait trouvé l'idée dominante de cette planche de bord pleine de couleurs et de rondeurs. Bien sûr, au départ, il n’était pas encore question d’un cluster central. Pour sa première orientation de style en juin 1988, Gérard Gauvry avait imaginé un poste de conduite plus classique, mais qui possédait déjà les mêmes caractéristiques que la version finale : simple, intuitive et joviale. En revanche, il a l’excellente idée de l’équiper d’une casquette qui fait écho aux phares en arcade, offrant ainsi une connivence rare entre l'intérieur et l'extérieur du véhicule.

Yves Dubreil, directeur du projet, explique : « La décision de faire le compteur central était une dépense utile, qui allait dans le sens de la modernité et typait la voiture. Il faut toujours surveiller la valeur pour le client, ne pas tuer le côté original du produit pour des raisons de rentabilité mal calculée ». Gérard Gauvry va donc revoir son design en plaçant les compteurs sur l'unique cluster central qui regroupe la plupart des commandes. Cette organisation originale du tableau de bord sera reprises par la suite sur de nombreux autres modèles.

Aussi important qu'il soit, le travail de Gauvry n'aurait pas été le même sans celui de Claudie Jagline, responsable du Design Couleurs et Matières chez Renault : "Quand on travaille sur un produit à identité forte, comme Twingo, la question que l’on doit se poser est: qu’est-ce que ce produit raconte ? Que puis-je faire pour le servir, le renforcer ? Même si je suis à l’écoute de tout ce qui se passe, des tendances de la mode ou du design, ce qui me guide dans mon travail de designer, c’est d’abord cette autonomie du produit."

Face aux contraintes de coût de développement drastiques de la X06, il va falloir des choix, tant côté extérieur qu'intérieur. Peu de choix de couleurs – mais des teintes vives – très peu d’options et un choix anémique de finition avec un seul tissu et deux nuances de gris pour les habillages intérieurs. Il n’y aura même qu’un seul essuie-glace avant ! Les seuls équipements de série sont la lunette arrière dégivrante, les vitres teintées, le pré-équipement radio, l'essuie-glace arrière, le bouchon de carburant fermant à clé. Par contre, cette frugalité se conjugue à de l’inventivité et de l’astuce : le profil, l’aménagement intérieur et les roues excentrées permettent une habitabilité étonnante avec 1,78 mètre de longueur d’habitacle malgré un véhicule de seulement 3,43 mètres de long, sans oublier la fameuse banquette arrière coulissante sur 17 centimètres.

Lors du lancement de la Twingo, les quatre couleurs de caisse vont évidemment créer l'événement : jaune indien, rouge corail, bleu outremer et vert coriandre, des teintes exclusives, vives et décalées et qui tranchent avec les habitudes de l’univers automobile. "C’étaient des couleurs opaques, qui sont difficiles à travailler parce que, contrairement aux métallisés ou aux nacrés, elles ne contiennent aucun effet. En quelque sorte, c’est la couleur qui se donne pour elle-même", explique Claudie Jagline. Pour l'intérieur, en revanche, la voiture n'est proposée qu'avec un seul textile (une maille à motifs graphiques), une seule harmonie pour les plastiques intérieurs (bleu lavande) et pour les accessoires intérieurs (vert). Le succès immédiat de la Twingo conduira à plus de diversité dans les années qui suivront.

Plus tard, Gérard Gauvry sera nommé directeur du studio design intérieur chez Renault, à Guyancourt. « J’ai travaillé avec de grands patrons que j’appréciais particulièrement, comme Michel Faivre-Duboz ou Carlos Tavares, alors numéro deux du groupe », confie-t-il. Le studio design intérieur était rattaché au studio couleur-matière, dédié exclusivement à l’étude des couleurs et des matériaux. Sa future épouse, rencontrée bien plus tôt chez Citroën, travaillait elle aussi au studio couleur-matière… mais chez Peugeot ! « Si bien que nous avons des amis chez les trois constructeurs ! » Aujourd'hui, Gérard Gauvry est retraité et s'adonne à sa passion pour la peinture. Son travail pictural se concentre surtout sur les paysages, avec de grands ciels changeants. Il est influencé en cela par Eugène Boudin (1824-1898), le peintre normand qui ne cessa toute sa vie de représenter les ciels de la côte normande. Pas de personnages dans ses tableaux : « Je n’aime pas raconter des anecdotes. Je cherche la lumière, de beaux ciels, de la profondeur. »

Sources : plusieurs sites dont Actu.fr et Placeaudesign.com

 

Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, l'intérieur coloré de la future Twingo reste iconique et inoubliable pour tous ceux qui ont eu ce modèle.

 

 

Design et propositions de sièges.

Gérard Gauvry en train de préparer la maquette d'aménagement définitive.