![]() |
|
version 4.0 mise à jour : janvier 2026 |
Du projet W89 au projet X44 : genèse de la Twingo II |
![]() |
Propositions de Jérémy Leng pour l'avant-projet W89.
Propositions de Teofila Plaza Gracia pour l'avant-projet W89.
Première proposition de Markus Haub, avant la réorientation du projet. Autre proposition de Markus Haub sous forme de maquette grandeur nature.
Patrick Le Quément devant deux maquettes grandeur nature pour les avant-projets W89 (Twingo II) et W77 (futur Modus). Notez l'inclusion des trois aérations de la première Twingo sur le haut du capot de la W89.
La proposition de François Leboine pour le projet W44 qui sera hélas rejetée.
Contrairement aux idées reçues, Carlos Ghosn n'était pas à l'origine du changement d'orientation stylistique de la Twingo II.
L'Auto-Journal présentait sa vision de la Twingo II en soulignant la difficulté de Renault à donner une remplaçante à sa petite citadine.
|
On pense souvent à tort que c'est Carlos Ghosn qui fut responsable du choix stylistique très discutable qui présida à la naissance de la Twingo II. En réalité, cette décision était antérieure à sa prise de pouvoir. Un article du CCFA (Comité des Constructeurs Français d'Automobiles) du 16 janvier 2002 expliquait que d’ici à 2004, Renault comptait lancer trois petites voitures : la X85 (troisième génération de Clio), la X89 (concept encore à l’étude) et la J77 (qu'on connaîtrait plus tard comme la Modus). L'Auto-Journal du 10 janvier précisait par ailleurs que la X85 et la X89 partageraient une plate-forme commune devant être étrennée par la troisième génération de Nissan Micra, dont le soubassement avait été étudié pour accueillir une transmission intégrale. Aucune de ces publications ne parlait de la future X89 comme de la Twingo II, probablement parce qu'avec ce projet, Renault préparait une rupture stylistique nette avec la petite citadine et comptait au départ la positionner différemment. Barcelone et l'avant-projet W89La X89 devait être une Clio II en réduction, tout comme la J77 était une sorte de version monospace de celle-ci, les trois étant développées sur une seule et même plateforme. L'élaboration de l'avant-projet W89 commença au tout nouveau centre de design du groupe à Barcelone. Situé dans un immeuble industriel de la rue Trafalgar, le Barcelona Design Centre fut le tout premier en son genre en Europe hors de la France. Ouvert en 1999 et inauguré en mai 2000, il a depuis fermé ses portes après la prise de fonctions de Laurens van den Acker à la tête du design industriel du groupe. L'équipe espagnole était constituée notamment de Vincent Pedretti et Florian Thercelin (transfuges de Guyancourt), puis Jérémy Leng (remplaçant Thercelin après son retour en France), et également de Ulfert Jannsen et Teofilo Plaza (designers pour la filiale FASA). Bien qu'elle ait surtout travaillé sur le projet J84, futur Scénic II ((le projet de Scénic de Pedretti, mis en competition avec celui de Guyancourt, est celui qui fut retenu), toute cette équipe, sous la direction de Thierry Metroz, se pencha aussi sur le projet W89 à ses tout-débuts et fit du très bon travail. Les premières propositions de Jérémy Leng, Teofilo Plaza et Markus Haub montraient peu de points de communs avec la Twingo, et leur design pointait davantage vers le concept-car Z09 VelSatis que vers la petite grenouille chérie des français. Et c'est bien cela le souci : il n'y avait pas de place dans la gamme pour deux petites Renault, donc si la X89 devait prendre la place de la Twingo, il fallait qu'elle conserve ses rondeurs et sa bouille sympathique. C'est donc dans cette direction que W89 allait être réorienté. La future C89 devait être une sorte d'équivalent de la Citroën C2 chez Renault, une trois portes inspirée de la Clio mais differenciée par un format plus petit. On connaît deux maquettes grandeur nature de W89, et toutes deux étaient clairement des Clio II en réduction, une approche cohérente avec le choix d'une plateforme commune. L'une d'elles dérivait d'un dessin de Markus Haub. Haub a expliqué plus tard que ce projet était le premier sur lequel il a travaillé dans le studio espagnol. "Il a quitté ce métier pour devenir peintre, et j'aime vraiment ses tableaux. J'en ai même acheté plusieurs !", a commenté Patrick Le Quément. Paris et le projet X44En même temps que le studio de Barcelone, Renault établit un second studio externe à Guyancourt dans le quartier de la Bastille, à Paris. Il fut inauguré en juin 2003 et placé sous la responsabilité de Fabio Filippini. Pour Patrick le Quément, directeur de Renault Industrial Design, le but était de rendre possibles des propositions variées, grâce à de petites équipes situées au cœur de capitales culturelles telles que Barcelone et Paris. Cependant, le projet W89, trop cher, va prendre une toute autre orientation avec la décision de ne plus produire la future Twingo en France, mais en Slovénie sur une nouvelle plateforme simplifiée, afin de réduire son coût de production. C'est ainsi que le projet va être requalifié en W44 puis X44, et le studio de Paris va être mis dans la boucle à cette occasion. C'est là que François Leboine va concevoir une proposition séduisante, qui de l'avis de beaucoup aurait mérité d'être choisie. Certains ont prétendu que c'était Carlos Ghosn qui l'avait rejetée, mais c'est faux. En effet, bien que Ghosn ait pris la tête de Renault en 2005, il était encore au Japon chez Nissan durant la mise en route des projets W89 puis W44. C'est Louis Schweiter, alors encore à la tête de Renault, qui en prit la décision, comme l'a confirmé Patrick Le Quément : « Carlos Ghosn ne fut pas impliqué dans le projet Twingo II ; à l'époque, il ne s'occupait pas du développement des produits Renault. Le projet préféré du département design à l'époque était celui de François Leboine, qui travaillait alors au sein de l'équipe de Fabio Filippini à Paris. Son projet s'inspirait en grande partie de la première génération de Twingo, et avait notre préférence. » Conçue sous l'égide de Fabio Filippini, la proposition de Leboine reflétait l'optimisme de la première Twingo et aurait pu lui assurer un avenir radieux... Hélas, ce fut finalement la proposition de Stéphan Barral (qui développait alors la Modus) qui fut choisie, après avoir été modifiée par Satoshi Tanaka, lequel avait précédemment fait lui-même une proposition inspirée de la Citroën C2. Le choix de ce design reflétait la vision de Rémi Deconinck, lequel aurait demandé que les designers s'inspirent de la Citroën Saxo et de la Peugeot 106... Là encore, c'est ce que Le Quément confirme : « Le design choisi représentait la direction stylistique souhaitée par le département du planning produit, dirigé par Rémi Deconinck. Le président Louis Schweiter choisit de suivre cette approche, et c'est ainsi que l'héritage d'une grande voiture fut détruit. » Comment rebondir quand on est designer ?Qu'est devenu le beau projet de François Leboine ? Malheureusement, il n'en reste presque aucune trace, si ce n'est les quelques dessins partagés ici grâce aux recherches du blog LIGNES/auto. Au cours d'une interview, Christophe Bonnaud a demandé à Leboine son ressenti de ne pas avoir été choisi : « Ce qu'on ressent est proportionnel au temps qu'on passe sur un projet. La déception est à la mesure de l'implication. Et l'implication, c'est du temps passé. Plus le temps passe, plus le design évolue, et plus on se rapproche de la phase de production et de ce Saint Graal qui est de voir son véhicule un jour dans les rues, et donc plus la déception est grande de ne pas avoir été choisi ! Donc oui, clairement, ce soir-là je suis rentré chez moi de mauvaise humeur ! » Leboine poursuit en nuançant son propos : « Mais les designers travaillent sur leur capacité à rebondir. C'est un peu comme quand on tombe de moto pour la première fois. Si on ne se remet pas rapidement en selle, on risque fort de ne plus retrouver assez de confiance en soi pour remonter à moto plus tard. ». Pour recharger ses batteries, François Leboine rejoignit le studio de Barcelone en avril 2007, où il créa tout un programme de mobilité urbaine d'avant-garde avec une gamme de véhicules allant du scooter à la voiture quatre places. Leboine est aujourd'hui à la tête du design de Fiat. Souce : le formidable blog LIGNES/auto de Christophe Bonnaud
|
Deux photos d'un prototype roulant d'une première version rejetée de la X44.
Un autre prototype un peu différent présenté par Auto Plus N° 915 en mars 2006.
La proposition finale de la X44 sera bien plus sage et consensuelle, et perdra de fait la fameuse "bouille" qui avait fait le succès de la première Twingo.
Le design choisi est modélisé par ordinateur.
Élaboration de la maquette en clay du projet X44.
Crash-test de la X44.
Un prototype de la Twingo II dans la circulation, dénommé "Ymivzu" !
|
| Ce site n'est nullement affilié au groupe Renault ou à ses filiales. Il n'a aucun but de promotion et n'est pas lucratif. C'est un travail de passionné de la marque et de ses produits depuis 1945. | © Rhombomania 2008-2026 / BIS Productions - Tous droits réservés | Pour nous écrire
: |