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janvier 2026

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Les codes projets Renault : troisième système (1981)

 

A l'aube des années 80, le système d'après-guerre avait atteint ses limites... Il y avait désormais bien trop de versions d'un même modèle pour se contenter des 10 chiffres ajoutés derrière le code projet. Un nouveau système allait être mis en place.


Le système alphanumérique introduit au début des années 80 n'était certes pas parfait, mais il était déjà plus précis que son prédécesseur. Chaque nouveau projet recevait un code à deux chiffres ; la lettre X précédait le numéro de projet, quelque soit l'état de son avancement. Par exemple, X37 désignait la Renault 11, X40 la Supercinq, X42 la Renault 9, etc. Ce préfixe se voyait remplacé par une lettre différente pour chaque type de carrosserie : B37 (berline 3 portes), S37 (berline société), L42 (berline 4 portes), etc.

L'ancien système s'était arrêté au projet 143. Le nouveau commençait donc à X44. Cependant les projets encore en cours étaient redésignés : 129 devenait X29 (la Renault 25), 137 et 142 devenaient X37 et X42 (Renault 11 et 9), et certains modèles encore produits pour l'étranger recevaient des désignations dans le nouveau système : L17 pour la Renault 12 fabriquée en Argentine, L18 pour celle fabriquée en Turquie, D36 pour la Fuego argentine, etc.

Voici un tableau qui récapitule de façon sommaire tous les codes
ayant effectivement été attribués à des modèles de série :

06 Twingo I 33 Wind 54 Safrane I 76 Kangoo I
07 Twingo III 34* Renault 18 55 (Alaskan) 77 Modus
09 Twizy 35 Symbol/Thalia II 56 Laguna I 79 Duster I
10 Zoe 36 Fuego 57 Clio I 80 Kubistar Van
11 Espace I 37 Renault 11 58 Pulse 81 Espace IV
12* Renault 4 38 Fluence 59 Scala 82 Trafic III
13* Estafette 40 Supercinq/Express 60 Alaskan 83 Trafic II
13 Espace I Quadra 41 SupeRNova, Solenza 61 Kangoo II 84 Mégane II
14* Renault 14 42 Renault 11, Alliance 62 Master III 85 Clio III
17 Renault 12 43 SM5, Latitude 63 Espace iI 87 Captur
18 Renault 12 Toros 44 Twingo II 64 Mégane I 89 Logan (Inde)
20* Trafic I 45 Koleos I 65 Clio II 90 Logan/Sandero I
22* Renault 5 46 Logan/Sandero II (Renault) 66 Espace III 91 Laguna III
24 Mascott / Master Propulsion 47 SM7, Talisman 67 Dokker 92 Lodgy I
25 Mégane I Break 48 Renault 21, Medallion 70 Master II 94 Spider
27* Renault 20/30 50 Alpine GT/GTA/V6/A610 73 Vel Satis 95 Mégane III
29 Renault 25 52 Logan/Sandero II (Dacia) 74 Laguna II 97 Dokker
32 Mégane Génération 53 Renault 19 75 Dacia 1310 Ph. 4 98 Clio IV

Les codes marqués d'une astérisque (*), attribués sur le papier à d'anciens projets, n'ont pas été déclinés en versions par carrosserie.

Le système s'affine

Vers la fin des années 80, quelques modifications furent apportées. Par exemple, on ne donnait plus la lettre X à un code projet s'il n'avait pas été validé. Cela permettait d'éviter de gaspiller des numéros, car il n'y avait que 99 possibilités. Le préfixe W a donc été introduit pour qualifier un avant-projet. Si la direction donnait le feu vert pour une mise en production, le préfixe devenait "X". Si ce n'était pas le cas, le code à deux chiffres pouvait être réutilisé pour un nouveau projet. Par exemple, le code W67 a d'abord désigné un coupé à portes papillons proposé par Matra. Il n'a pas été approuvé, et donc W67 a été réattribué à un projet de seconde génération d'Avantime. Après une approbation initiale, ce W67 est devenu X67, mais le programme a finalement été annulé devant les piètres ventes de la première génération. Le code 67 sera utilisé une troisième fois par Renault, longtemps après, pour le Dokker, qui sera d'abord W67 puis X67 une fois sa production approuvée.

Et s'il y a eu duplication des codes X44, X45 et X52, par exemple, c'est parce que les premiers projets ainsi désignés (VBG, VBG et Medallion) auraient pu être de simples W dans le système révisé, puisque non validés pour une production, alors que la Twingo II (X44) le Koleos I (X45) et la Logan II (X52) étaient bien des X à part entière. Dans notre exemple de droite, la X58 Premier a bien existé, mais sa production démarrée par Renault a été annulée ; le code B58 a donc été attribué à la Pulse. De la même façon, la version coupé Allure, fabriquée sous forme de prototypes, n'a pas été produite ; le code L59 a donc été attribué à la Scala.

Quatre propositions du programme VBG, potentielles remplaçantes de la "4L" développées sous les codes X44 et X45. De simples maquettes roulantes pour des programmes qui n'atteignirent jamais la phase de validation (et qui auraient été " W44/W45" si ce préfixe avait existé alors). Ces numéros ont donc été réutilisés pour la Twingo II (X44) et le Koleos I (X45).

Les préfixes de carrosserie

Il a fallu un peu de temps également pour que ces codes de carrosserie se stablisent en un système complet et cohérent.

 

Voici l'ensemble des préfixes qui ont été utilisés dans le système de 1981 :

A ambulance* F monospace société L berline 4 portes U pick-up
B berline 5 portes G break société M berline 2 portes* V van société
C berline 3 portes H SUV N coupéspace** W avant-projet
D coupé J monospace R monospace long X projet
E cabriolet K break S berline société Z showcar

* très rarement utilisé / ** utilisé seulement sur un projet

 

Le premier véhicule Renault a utiliser de façon étendue ce système fut la Mégane, conçue dès le départ comme une plateforme à modèles multiples :

  • W64 : avant-projet
  • X64 : programme validé
  • B64 : Mégane berline 5 portes
  • D64 : Mégane Coupé
  • E64 : Mégane Cabriolet
  • F64 : Mégane Scénic Société
  • J64 : Mégane Scénic
  • K64 : Mégane Break (code non utilisé, remplacé par K25)
  • L64 : Mégane Classic (4 portes)
  • S64 : Mégane Société

 

Les utilitaires Trafic, Master et Mascott (ainsi que les utilitaires Dacia 1310 Phase 4)
avaient leur propre série de lettres préfixes :

A ambulance F fourgon tôlé J break vitré, minibus N bus
E châssis cabine H châssis double cabine M cabine approfondie U plateforme cabine

NOTE: le préfixe "P" indique une version à moteur propulsif et non tractif.

 

Il convient de noter que les versions de modèles utilitaires Renault sous d'autres marques (Nissan, Opel, Vauxhall) ne se déclinaient pas avec les codes de carrosseries, mais restaient toujours de "X". Ci-contre (à gauche), un cas particulier : le premier Kubistar de Nissan, version du premier Kangoo, était un X76 en version break vitré ; pour différencier la version fourgonnette, on attribua à cette dernière le code X80. Notre second exemple (à droite) est la Dacia 1310 Phase 4, premier modèle de la marque roumaine à être produit sous l'égide de Renault. On peut voir qu'il y a eu pas moins de six variantes distinctes de cette ultime Renault 12, qui avait la particularité d'utiliser aussi bien des lettres réservées aux utilitaires que les préfixes L et K des automobiles :

  • E75 : Dacia Drop Side
  • H75 : Dacia Double Cab
  • K75 : Dacia Break
  • L75 : Dacia Berlina
  • M75 : Dacia King Cab
  • U75 : Dacia Pick Up

Bien entendu, pour n'importe quel modèle donné, il existe plein de sous versions que trois caractères ne suffisent pas à décrire, et c'est bien évidemment le "type Mines" qui servait à les distinguer de façon plus fine. Or dans la mesure où il ne permettait que quatre caractères pour désigner la version d'un modèle, on se serait de nouveau trouvé très vite limité avec un seul caractère restant (au maximum 26 lettres et 10 chiffres soit 36 possibilités, or certains modèles comme la Mégane ou la Clio en ont beaucoup plus). il fallait donc trouver une astuce : on décida de substituer à chaque modèle de série une lettre de l'alphabet pour le V.I.N. : "A" pour la Mégane I, "B" pour la Clio II, "C" pour le Kangoo I, etc. Les Mégane vues plus haut devenaient donc BA, DA, EA, FA, JA, KA, LA et SA, ce qui laissait alors l'espaces de deux caractères pour définir plus précisément toutes les sous-versions de chaque variante et théoriquement 36 x36 soit 1296 possibilités.

Ce système alphanumérique a très bien fonctionné durant plus de 40 ans, mais comme nous l'avons vu plus haut dans le premier tableau, la plupart des codes à deux chiffres entre 01 et 99 avaient fini par être attribués à des projets, et il fallait donc le remplacer...

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