|
 Neuf mois après s'être implanté au Brésil (où la Renault 4 ne fut pas produite) et avoir accordé la licence de la Dauphine à Willys Overland do Brasil (W.O.B.), Renault fit de même en Argentine en signant le 27 novembre 1959 un second contrat avec Willys, cette fois conjointement avec sa filiale Industrias Kaiser Argentina, ou I.K.A. Depuis 1955, cette entreprise semi-privée avait produit 20.000 Jeeps et véhicules Kaiser divers dans son usine de Santa Isabel, située à 800 km au nord-ouest de Buenos Aires, dans la province de Cordoba. Renault leur accorda la licence de la Dauphine. Un mois plus tard, un accord similaire allait être finalisé avec le Mexique.
La production de la Renault 4, qui était désignée la "EA" à l'usine IKA (pour Econόmico Argentina), démarra en décembre 1963, suivie par celle du Furgón en février 1964. Elle intégrait de nombreux éléments de la Dauphine, notamment la boite de vitesse et le moteur Ventoux, fabriqués tous deux sur place. Le lancement de la R4 fut tout aussi spectaculaire que l'avait été celui du modèle en Camargue deux ans auparavant. Les voitures participèrent à un rodéo aux côtés de cheveaux créoles montés par des gauchos, et les journalistes pure conduire les voitures dans des terrains gorgés d'eau, faisant la preuve de leur adéquation avec les conditions locales. Une figure locale célèbre apporta sa bénédiction à toute l'opération en ka personne de Juan Manuel Fangio, le célèbre pilote, qui devint également un concessionnaire Renault important de la capitale. En 1974, les qualité de la Renault 4 lui valurent le surnom "El Correcaminos" ("Bip Bip"), et le volume de production ne tarda pas à dépasser celui de la Dauphine.
En 1967, le groupe Kaiser mit en vente Willys Overland do Brasil. Renault n'avait pas les fonds nécessaires, et dû céder la place à Ford. Toutefois, Renault profita de l'occasion pour renforcer sa présence en Argentine en rachetant la majorité des parts de Kaiser-Frazer dans IKA. Renault controlait désormais 55% d'une entreprise de taille enviable :
10000 employés; 200 millions de dollars de chiffre d'affaires; 50000 véhicules produits, dont 17000
Renaults (11000 d'entre elles étant des Renault 4) qui représentaient 15% des ventes dans le pays.
En 1975, Renault acquit toutes les parts qu'IKA possédait encore. La nouvelle entité, désignée Renault Argentina S.A. (ou R.A.S.A.) occupa longtemps la position enviable de numéro deux sur le marché automobile argentin, avec des investissements réguliers pour moderniser ses installations. Comme partout ailleurs, la Renault 12, introduite en avril 1971, allait prendre le pas sur la 4 pour conquérir la clientèle et se maintenir en tête des ventes trois années durant, avec près de 450.000 exemplaires vendus. Toutefois, la Renault 4 n'avait pas à rougir, avec une longue carrière qui allait durer jusqu'en août 1986 pour la berline, et décembre 1987 pour la fourgonnette, et 157.315 exemplaires produits au total ( 148,170 berlines et 9,145 utilitaires, dont 173 pick-ups) – un chiffre ne prenant pas en compte les 2500 à 4000 véhicules en kits annuels qu'IKA avait commencé à fournir au Chili et à l'Uruguay en 1972.

|