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mise à jour :

janvier 2026

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Mini 4S : une mocheté attachante...

 

Vue de 3/4 avant, la Mini 4S rappelle un peu la Renault 6... sauf qu'elle n'a pas de hayon, et que les montants inclinés ne servent qu'à donner du style...

On trouve toutes sortes de feux arrières, mais difficile de savoir si ce ne sont pas tout simplement des bricolages effectués par leurs propriétaires.

 

 

Oubliez le cliché de la latina sexy... La plus laide des Renault 4 était sud-américaine !

En Uruguay, pays logé entre l'Argentine et le Brésil, on parle espagnol. Pour cette raison, le pays dépend de l'Argentine pour le commerce, et tout particulièrement en ce qui concerne l'automobile. Renault s'est implanté en Argentine depuis la fin des années 50, tout d'abord en association avec IKA (Industrias Kaiser Argentina) puis dès 1970 sous la raison sociale Renault Argentina S.A.

Les Renault étaient bien entendu importées et distribuées en Uruguay, d'abord par Abal Enrique y Cia, puis à partir de 1962 par une entreprise du nom de Santa Rosa Automotores. Vers la fin des années 60, les dirigeants de cette société tentèrent de contourner les lourdes taxes douanières qui étaient imposées aux véhicules d'importation complets. Il apparut que la seule solution était de devenir un constructeur à part entière.

Puisque la taxe ne s'appliquait qu'aux produits finis, Santa Rosa acheta à IKA-Renault des R4 à moitié terminées (essentiellement des châssis roulants) et des demi-carrosseries avant, et à partir de là créa son propre modèle, la Mini 4S (il y avait alors une Renault 4S dans la gamme régulière).

Depuis la façade avant jusqu'au montant B, c'est une R4 tout ce qu'il y a de plus normal, mais pour le reste, on en est bien loin. Et si peu de gens classeraient la R4 dans leur Top 10 des plus belles voitures, il est clair qu'à côté de cette variante uruguayenne, c'est une vraie beauté !

Il n'y a pratiquement plus de lien stylistique entre l'avant et l'arrière, si ce n'est l'arête qui traverse les flancs et se prolonge d'un bout à l'autre. Seule version coupé de la R4 ayant jamais été commercialisée, elle a perdu le hayon si pratique pour le remplacer par un coffre classique très grossièrement réalisé (il y aura toutefois sur le tard quelques exemplaires dotés de hayons, sans qu'on sache réellement s'il s'agit de versions d'usine ou de modifications individuelles, même si la seconde explication semble plus convaincante).

Pour une raison connue seule de Fabian Rocha (le designer de cette version), les épais montants C et la lunette arrière se combinent pour former une sorte de contrefort qui n'aide guère la vision 3/4 arrière. Par ailleurs, certaines voitures ont des feux arrière de Renault 8 montés verticalement, tandis que d'autres ont des optiques d'origine inconnue.

Pour tout dire, cette voiture ressemble davantage au bricolage d'un passionné qui aurait soudé entre eux quelques panneaux de métal pour réparer sa vieille R4, qu'à une voiture produite par un constructeur officiel. L'astuce (d'aucuns diraient "l'arnaque") de ce design, c'est qu'il s'agit juste d'une voiture deux portes à coffre. Mais par ses protubérances reliant en diagonale le toit au bout des ailes arrières, la voiture donne de profil l'illusion d'un modèle plus grand à hayon !

Selon les sources, la première Mini 4S serait sortie d'usine en 1970. Cela n'est pas cohérent avec les documents existants, notamment une publicité qui montre le véhicule assorti de la mention "modelo 1969". Le même document est intéressant à plus d'un titre, puisqu'il parle de "Mini 4" et non "4S" comme après; on peut aussi y lire "Es un producto de IKA-Renault de Argentina", alors même que la firme argentine n'était pour rien dans la réalisation de ce modèle.

La Mini 4S fut une réussite en ce sens qu'elle permit effectivement à l'entreprise d'éviter les taxes douanières, mais commercialement parlant, les ventes furent timides. Se pourrait-il que le look très étrange de la Mini 4S y ait été pour quelque chose ? Ou bien le fait qu'une stricte deux portes n'était pas très pratique pour les familles ? Peut-être aussi que les Uruguayens préféraient économiser encore un peu pour s'acheter l'une des vraies R4 d'Argentine, également vendues dans les concessions Santa Rosa Automotores...

Il est difficile de trouver des informations sur la Mini 4S, mais il semblerait que la production ait cessé vers la fin des années 70. En se promenant dans les ruelles des villes et village uruguayens, on peut encore croiser un Mini 4S ici ou là, ce qui atteste tout au moins de leur durabilité. Et ce modèle si local, totalement inconnu du reste du monde, a pu sortir de son anonymat grâce à internet, mais également les collections de miniatures fabriquées par Ixo, qui abordent souvent des modèles obscurs, mais choisis pour leur caractère pittoresque.

La Mini 4S ne fut pas le seul modèle que Santa Rosa proposa sur la base d'un châssis de R4. Il y eut également la Mini 4 Camioneta, et même un étrange pickup dont je n'ai trouvé que la photo ci-contre.

Texte traduit en grande partie du site Driven to Write et complété par d'autres sources.

 

On trouve très peu de Mini 4S en bon état, mais celle-ci a été bien entretenue.

Un autre exemple de Mini 4S en bel état, restaurée avec la calandre plus tardive des Renault 4 GTL, ce qui en fait un exemplaire encore plus inhabituel.

Difficile de savoir si ces hayons, si différents, sont réellement d'origine ou s'ils résultent du bricolage de quelques amateurs inspirés.

 

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