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mise à jour :

janvier 2026

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JP4 : un air nouveau !

 

Bien que n'étant pas un 4x4, la JP4 peut aisément s'accomoder de terrains irréguliers du fait de sa garde au sol augmentée.

L'habitacle, malgré les sièges baquets, ressemble à celui de la Renault 5.

Les possesseurs de JP4 aiment se retrouver par beau temps pour des défilés.

Outre les séries spéciales proposées par Car Système, beaucoup de possesseurs de JP4 aiment customiser leur voiture, de sorte que beaucoup d'exemplaires se démarquent des modèles de base, comme ici avec les doubles phares à l'avant, la calandre en métal nu, les roues à jantes pleines élargies, etc.

 

 

 

La JP4 est un véhicule qui a marqué l'histoire de la Renault 4. Véhicule de loisirs jeune, pratique et élégant, il a eu l'honneur d'être commercialisé dans le réseau Renault comme un vrai modèle du losange, et continue de réunir de nombreux passionnés qui se retrouvent pour des rassemblements hauts en couleurs.

Au début de l'aventure JP4, il y a deux amis bretons d’à peine trente ans, Patrick Fauchet et Gérard Maillard, technicien auto-moto pour l’un et styliste pour l’autre, qui mettent leur compétences en œuvre en créant deux voitures de loisirs sur base de Renault 4 et Renault 6 avec lesquelles ils partent en vacances en Corse. Face à l’engouement suscité par ces véhicules, les deux amis décident de créer une petite structure à Redon, dans l'Ille-et-Vilaine, dénommée Car Système (l'acronyme "Car" signifiant Construction Automobile Redonnaise).

En cette première moitié des années 70, nombreux sont les jeunes qui rêvent d'une voiture décapotable pour les vacances, mais ce type de véhicule n'est pas à la portée de toutes les bourses. Il y a déjà alors sur le marché la Rodéo de la firme auvergnate ACL, vendue dans le réseau Renault, mais elle ne ressemble pas à une Quatrelle, elle garde un côté utilitaire, et il lui manque le côté jeune et dynamique. Car Système va donc proposer la JP4, une voiture qui ressemble davantage à la Renault 4, et suffisamment différente des Rodéo pour ne pas faire de l'ombre à Renault. La transformation d'une 4L en JP4 n'est pas donnée : elle coûte 15.000 FF et ne comprend donc pas l’achat d’une R4. Et pourtant, les commandes arrivent.

JP4 Alpine

Une variante "musclée" unique fut préparée par Patrick Faucher, l'un des deux patrons de Car Système, dotée d'un moteur de Renault 5 Alpine de 93 ch, au lieu des 34 ch de la 4 GTL... Une sacrée différence qui obligera à modifier l'ouverture du capot, s'actionnant désormais depuis la droite et non plus l'avant. La boîte cinq vitesses, qui posait du coup des soucis d'encombrement, est remplacée par la quatre vitesse de la Renault 5 TS.

Pour faire passer toute cette puissance au sol, une suspension avant de Renault 5 Spéciale Terre avec freins à disques sera installée à la place de celle de la 4 GTL, avec en plus une barre de rigidification entre les fixations supérieures d'amortisseurs. Les pneus sont remplacés par des 185. À l'arrière, on trouve les barres des torsions et la barre anti-roulis des fourgonnettes F6. Le tout est suspendu par des amortisseurs De Carbon type "Mauvaises pistes". Il résulte de toutes ces modifications une mécanique onctueuse, souple et puissante – trop puissante, même : il arrive que les roues fument en sortie de virage !

La JP4 Alpine reçoit en outre les phares rectangulaires de la JP5 Baja, et ses pare-chocs ne sont plus tubulaires comme sur les autres JP4, mais plats. La cerise sur le gâteau est une sono de dingue avec un ampli géant et quatre enceintes Pioneer qui donnent un son digne d'une caravane du Tour de France ! Bref, un modèle unique et hors-norme, avec lequel Faucher s'est fait plaisir...

JP6

Car Système va également proposer, durant les années 70, une version similaire à la JP4, mais basée sur un châssis et un moteur de Renault 6. Cette version plus chère ne rencontrera pas autant de succès que la JP4, mais le moteur de Renault 6 continuera d'être proposé sur la variante JP5 Baja.

Un nouveau départ

Car Système homologue à titre séparé ses premières créations avant d’obtenir une homologation nationale pour le modèle courant en juillet 1981. Ce qui n'était jusque-là qu'une petite entreprise artisanale devient alors un constructeur automobile à part entière ! Hélas, les commandes ne seront pas assez nombreuses pour assurer la survie de l’entreprise, qui dépose son premier bilan en 1983, l’un des créateurs, Gérard Maillard, prend alors ses distances.

L’aventure aurait pu s’arrêter là, mais quelques personnalités de la ville de Redon se portent au secours de la petite entreprise, qui change de nom et devient Car Systeme Style (même si tout le monde continuera à dire "Car Système"), et se définit désormais comme "carrossier styliste".

La JP4 devient une Renault

Hélas, le redémarrage de l'entreprise ne dure pas longtemps, puisqu'un second bilan est déposé en 1984. Les salariés sont licenciés, et l'entreprise est en danger. Mais c'est sans compter sur l'initiative des ex-salariés, qui aiment l'entreprise, et choisissent de la relancer en investissant leurs primes de licenciement pour renflouer les caisses. Un nouveau dirigeant est nommé en la personne d'Yves Rousteau, un technicien réputé qui lance le pari d'obtenir l’homologation européenne afin d’élargir la clientèle. Cette homologation est obtenue au cours de l’année 1986, après d’énormes efforts pour la petite entreprise redonnaise, mais les efforts paient.

En effet, devant le succès commercial des JP4, la marque au losange va par conclure un accord avec Car Système Style: Renault va désormais fournir des bases et mécaniques neuves pour construire le JP4, et en retour, les modèles porteront le logo Renault et seront distribués dans les concessions de la Régie. Il faut dire que la Rodéo, fabriquée par partenaire Teilhol en Auvergne, arrive en fin de course. La Car Systeme Style JP4 arrive donc à point nommé. Il n'est d'ailleurs pas rare que l'on parle tout simplement de "Renault JP4", tant les destinées du modèle sont devenues liées à la marque au losange... Belle consécration pour la petite bretonne qui ne voulait pas mourir !

La JP4 aura même les honneurs de devenir une série spéciale de la Renault 4 en Italie, sous le nom de Renault 4 Frog, avec une série de 600 exemplaires, – la plus grosse commande jamais enregistrée par Car Systeme Style. Et c'est tant mieux, car pour le reste, comme l'explique très bien le site L'automobile ancienne, "les commandes arrivent toujours au compte-goutte et ne permettent pas à l’entreprise d’avoir une visibilité à long terme, d’autant que l’homologation européenne et la construction en série de la JP4 ont coûté cher à l’entreprise." Une autre série limitée sera également vendue en Allemagne sous le nom de Renault 4 Cabrio.

Le constructeur propose pourtant une gamme sympathique de trois versions distinctes, et surtout, a retenu la leçon : à côté des JP4 avec carrosserie spécifique, il faut aussi proposer une version de base plus accessible.

Cette JP4 de base, ce sera la Belle Île. Construite sur un châssis de Renault 4 raccourci offrant un empattement réduit, elle en conserve aussi les jantes et pneus, la calandre et les optiques. Sa carrosserie est modifiée de la carrosserie en métal d'origine de la Renault 4. Elle est dotée d'un arceau simple et d'une bâche amovible avec portes intégrées, mais reste assez basique dans son équipement. Les pare-chocs, initialement il plats comme sur la 4 GTL, seront ensuite remplacés par les modèles tubulaires de la version haut-de-gamme. Quant aux couleurs du véhicule, le constructeur propose "tous choix de couleurs" sur l'ensemble de ses modèles, tant au niveau de la carrosserie que des bâches ou des sièges. Autrement dit, il n'y a pas deux JP4 qui soient exactement identiques !

Version intermédiaire, la Nœud Pap' propose une peinture extérieure et un habitacle personnalisés, ainsi que des jantes "Delta Mics" spécifiques ajourées à huit branches de couleur blanche, munies de pneus 165/70 R13. Elle peut utiliser le châssis raccourci de la berline, mais également celui de la fourgonnette. Le moteur est doté d'un sabot de protection. Le hayon arrière est en polyester et supporte la roue de secours. Les pare-chocs avant et arrière sont d'abord, comme sur le modèle de base, de type plat, mais sont ensuite remplacés par le modèle tubulaire, qui permet la traction comme le levage. L'arceau central est intégral, et avec ses six points d'attache, permet de fixer une capote et des portières en toile de bâche haute résistance. Des extensions en polyester latérales couvrant les ailes avant apportent une protection supplémentaire et un look bi-ton jeune. À l'intérieur, deux sièges baquets en simili-cuir offrent une assise confortable aux deux passagers, et le volant sport renforce le côté sportif et dynamique du modèle. Enfin, un phare de manœuvre orientable est fixé sur le capot, accessible manuellement par le conducteur.

Version haut-de-gamme, la BeBop propose une carrosserie toute nouvelle en polyester, plus légère avec une ligne générale modifiée, des pare-chocs tubulaires (avec possibilité d'une option pour un pare-buffles intégré). Pour le reste, elle offre tout ce que propose déjà la Nœud Pap', avec en plus des feux arrière grand modèle rectangulaires, et l'intégration des clignotants avant dans la calandre, à côté des phares.

La fin de l'aventure

Malheureusement, malgré les trois modèles proposés, les prix resteront trop élevés pour la clientèle visée, qui est principalement jeune. Une JP4 vendue dans le réseau Renault coûte alors entre 53000 et 65000 FF (pour comparaison, une Renault 4 Savane n'en coûte que 40000). La marque au losange a également informé Car Systeme de la fin programmée de la Renault 4. Car Système Style doit donc préparer l’avenir, et Renault proposera donc la Super 5 comme nouvelle base.

La Super 5 Belle Île est lancée en 1988, et pendant un temps assez bref cohabitera avec la JP4 du même nom. Changer de modèle de base a toutefois représenté un nouvel investissement pour la petite firme bretonne, qui n’a hélas pas les reins assez solides pour faire face, et se voit contrainte de vendre à Gruau pour survivre. La production de la Renault 4 JP4 s’arrête donc en 1990, après que 2500 exemplaires environ aient été produits entre au cours de la décennie passée.

 

 

Le succès de la JP4 tient aussi au niveau de personnalisation possible.

Comme la plupart des modèles Renault, la JP4 pouvait faire l'objet d'une adaptation en véhicule 4x4 par la société Sinpar.

Calandres, pare-chocs et capotes oranges ou jaunes, roues modifiées, sièges personnalisés... autant de manières de se démarquer à bord d'une JP4...

La Renault 4 Frog italienne: juste une JP4 qui parle avec les mains !

La Renault 4 Cabrio allemande était aussi élaborée sur une base de JP4.