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janvier 2026

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Dallas : une Renault 4 habillée en texane

 

 

 

L’histoire de la Dallas est intéressante à bien des égards. Au départ, elle est l’oeuvre de Jean-Claude Hrubon, un passionné d'automobile, ancien concessionnaire Austin, qui tenta sans succès dans les années 60 de préparer une voiture en vue d'une participation aux 24 heures du Mans, avant de se lancer dans la conception de petites voitures de loisirs. Sa première réalisation, la Phaëton, utilisait une base d'Austin Mini et rappelait la Mini Moke. Puis il crée la Dallas, une réplique de Jeep réalisée sur une base de Renault 4, qui deviendra également le nom de son entreprise.

Choisir ce nom-là est alors très malin d'un point de vue commercial : le nom "Dallas" n'évoque pas seulement les cow-boys, la liberté, et l'esprit farouchement indépendant des Texans ; car nous sommes à l'aube des années 80, et la série américaine éponyme est était alors au sommet de sa popularité. La voiture incarne donc doublement l'Amérique : celle des G.I.s, du libérateur yankee et du débarquement en Normandie, d'une part; mais aussi celle de Reagan, des puits de pétrole et du capitalisme triomphant et décomplexé, d'autre part. Et si l'acheteur de la voiture peut avoir un peu l'impression d'être un mini-J.R. Ewing à son bord, en fredonnant "Dallas, ton univers impitoyaaaable...", pourquoi pas ?

Présentée en décembre 1981, la Dallas entre d'abord timidement sur le marché, attendant une présentation au Salon de l’Auto en octobre 1982 pour réellement se faire connaître. Le châssis de Renault 4 qu'elle utilise a été raccourci de 44 cm et habillé d’une carrosserie en acier. Elle est livrée avec le moteur de la Renault 4 GTL, et est également disponible en version 4x4 préparée comme il se doit par SINPAR. La Dallas est vendue au prix de 35000 FF (soit 6000 FF de plus que la Renault 4 GTL) et pour avoir la transmission intégrale SINPAR, il faut débourser pas moins de 55000 FF. Et malgré cela, elle va trouver son public.

Sauvée par un chanteur !

En 1983, Jean-François Grandin, ancien chanteur plus connu sous le nom d'artiste de Franck Alamo, cherche un véhicule pour remplacer sa Citroën Méhari. Il tombe par hasard sur une Dallas et, séduit, prend contact avec Hrubon pour en acquérir deux exemplaires. Pourtant, ce ne sera pas seulement deux voitures que Grandin va acquérir au final, mais bien l’entreprise de Hrubon toute entière, alors en difficultés, pour un montant de 1,5 million de francs.

Grandin descend d’une famille d’industriels (fabricants des célèbres téléviseurs du même nom). C'est un passionné d'automobile, et quand il se retrouve à la tête de l'usine située à Neuilly-sur-Seine, il n'a que cinq employés pour relancer la production. Toutefois, il dispose également, grâce à sa famille, d’une usine spécialisée dans les matières plastique, ce qui va lui permettre de troquer l’acier des carrosseries contre du polyester, obtenant ainsi un gain de poids conséquent, un coût de production moins élevé, et surtout un argument commercial important face à la Méhari, puisque le polyester est plus résistant que l’ABS.

La nouvelle Dallas à carrosserie plastique se reconnaîtra surtout extérieurement de sa devancière par une calandre à neuf lames, contre sept précédemment. Le véhicule se vend bien et l'entreprise est sauvé. Toutefois, un changement encore plus radical surviendra lorsque Grandin, anticipant peut-être la retraite proche de la Renault 4, décidera de concevoir un châssis spécifique pour la Dallas, et troquera les moteurs Renault pour des Peugeot. Mais c'est là une autre histoire, qui sort du cadre de notre site...

Informations reprises du site L'Automobile Ancienne