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janvier 2026

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APAL Muschang : deux moteurs, une fois !

 

Un prototype encore artisanal, comme le montre cet arrière rudimentaire.

Léopold Muschang au volant de son buggy bimoteur au Rallye des Cimes 1967.

ELF, qui sponsorisait l'événement, l'utilise en retour comme outil de promotion.

La Muschang N° 10 au rallye des Cimes 1968, pilotée par le Tarbais Marcel Ricarte.

 

 

 

 

Dans les années 1960, les buggies commence à apparaître des deux côtés de l'Atlantique, et plusieurs sociétés se spécialisent dans ce domaine. En Belgique, la société APAL (Application Polyestr Armé Liège), fondée à Herstal en 1962 (et qui déménagera plus tard à Blgeny-Trembleur), est crée en 1962. Son projet est de fabriquer un coupé sur base de Volkswagen Coccinelle, fabriqué avec les châssis et moteurs que leur fournit l’importateur belge D’Ietieren, et doté d'une carrosserie en polyester spécifique. Suivront des monoplaces de formule Vee et des buggies, toujours avec des mécaniques Volkswagen.

Le projet fou de Muschang

Léopold Muschang, importateur de Renault à Arlon, souhaite participer à des courses tous-terrains à bord d’un buggy, mais il veut une mécanique Renault. il récupère une plateforme de Renault 4, mais la modifie en profondeur pour y monter non pas un, mais deux moteurs de 850cm3 : l'un à l'avant, l'autre à l'arrière... une configuration très inhabituelle qui oblige à un aménagement peu orthodoxe, puisqu'il y a deux accélérateurs, deux boites de vitesses et donc deux leviers de vitesse montés l'un en dessous le l'autre. Autant dire que la voiture tient plus du bricolage que du modèle de série, mais Muschang est convaincu que la formule peut fonctionner.

N'étant pas carrossier, il va se tourner vers APAL pour réaliser l'habillage de son buggy hors-normes, avec une carrosserie en polyester sur laquelle il installe des éléments d'origine Renault : pare-brise et calandre de Renault 4, feux arrières de Renault 8, phare de Renault 12, clignotant d'Estafette... Il en résulte un véhicule très original, musclé et baroudeur, mais à la fois assez élégant. Vu de devant, le véhicule ressemble à un buggy, mais se distingue par la calandre et son logo Renault qui émergent de la partie avant, ainsi que par l'intégration des phares dans la partie rétrécie de l'avant. Vu de l'arrière, c'est davantage un coupé sport, plus spécifiquement une Renault 8 de course.

Succès en compétition

Bien que très artisanale, la Muschang Bimoteur va être approuvée par Renault, et le losange figura un peu partout sur le véhicule. Avec ce prototype, Muschang va s'engager dans diverses compétitions de tous-terrains et démontrer les excellentes capacités de franchissement de son engin. Il remporte ainsi plusieurs étapes du rallye des Cimes, dans les Pyréenées, la compétition européenne la plus difficile en la matière, avec deux étapes sur cinq remportées pour l'édition 1966, et une seule pour l'année 1967, mais avec une seconde place au classement général. Il participe ensuite au Rallye Infernal, et remporte le championnat de Belgique 1967.

La Muschang Bimoteur connaîtra plusieurs modifications, et sera même essayé par le célèbre pilote Jean-Pierre Beltoise. Pouvant être équipé d'à peu près tous les moteurs Renault de l'époque. La version la plus performante sera la jaune à bandes noires, dotée d'un moteur de Renault 6 à l’avant avec double carburateurs Weber à l'avant, et d'un moteur de Renault 8 Gordini 1300 à l’arrière.

Une version commerciale

La publicité faite autour de cette victoire donne l'idée à Muschang d'en dériver une version commerciale, toujours avec le concours d'APAL. Cette version est un peu plus sage par comparaison, puisqu'elle utilise bien deux moteurs de Renault 4, mais pas simultanément. En effet, un seul des deux moteurs peut être mis en route à la fois, soit pour tracter soit pour pousser.La voiture est donc une quatre roues motrices, mais le conducteur ne peut enclencher que l'un des deux moteurs, choissant entre entre propulsion et traction. Les moteurs ont chacun leur boîte à trois rapports, mais cette fois elles sont synchronisées. L'ensemble développe 60 ch, ce qui permet à la voiture de rouler jusqu'à 130km/h, mais surtout de grimper des côtes jusqu'à 60% d'inclinaison.

Hélas le succès ne sera pas au rendez-vous, et moins de dix exemplaires seront produits. Autant dire qu'il s'agit d'un échec commercial ; néanmoins, l'aventure du buggy bimoteur a donné envie aux deux partenaires de continuer leur collaboration, et ils étudient donc un tout autre véhicule, plus sage.

Informations reprises et adaptées des sites News d'Anciennes et L'Automobile Ancienne

Une très belle interprétation de la Muschang Bimoteur à l'échelle 1/43e sur le site Les Petites Renault..

 

 

La Muschang Bimoteur s'affine peu à peu, jusqu'à devenir un joli véhicule sportif.

Le célèbre pilote Jean-Pierre Beltoise fait même la promotion du véhicule.

On reconnait bien ici la calandre de la première génération de Renault 4.

La Muschang de Lucien Collet, jeune pilote originaire de Pau. ELF Aquitaine (SNPA) fournissait gratuitement le carburant du rallye.

 seulement 26 ans, Collet remporte le rallye des Cimes 68 sur sa propre voiture.