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mise à jour :

janvier 2026

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SOVAM 850 et SOVAM 1100 : jolies berlinettes mais fausses sportives

 

La première SOVAM 850 et sa grille d'aération inspirée du logo de la marque.

La SOVAM 850 dans sa version définitive.

Une SOVAM 850 survivante, en en bel état.

 

Au milieu des années 60, les sportives artisanales connaissent un grand engouement, et ceux que l’on appelle les « artisans-constructeurs », spécialisés dans la fabrication de voitures de sport artisanales, sont alors assez nombreux, en France comme dans d’autres pays d’Europe.

La SOVAM, jusque là spécialisée dans la fabrication de véhicules utilitaires reprenant des éléments mécaniques de voitures existantes (comme le VUL et la R4 Plateau), n'avait pas a priori vocation à produire des voitures, encore moins des voitures de sport. L’idée de conçevoir et produire une berlinette sportive dans le même esprit que les Alpine et autres n'est pas venue du fondateur et président de la SOVAM, André Morin, mais de Jacques Durand, qui avait dans ce domaine une expérience déjà assez longue puisque à l’origine de la création de plusieurs petites sportives réalisées dans un esprit similaire à celle des Alpine de Jean Rédélé.

Durand vient solliciter André Morin et parvient à le convaincre de se lancer dans l'aventure. Ce dernier, qui dirigeait alors l’une des plus grandes entreprises françaises actives dans la production de véhicules et de carrosseries pour les utilitaires, a dû se dire qu'il pouvait assez facilement se faire une place sur ce marché qui semblait alors prometteur.

Quand vint le moment de trouver un fournisseur, et donc la mécanique adéquate (d’origine française et produite en grande série, cela va de soi), la Renault 4 sembla un choix évident, sans doute parce la SOVAM avait déjà conçu deux modèles utilitaires sur cette base. D'ailleurs, la berlinette SOVAM n’est alors pas le seul modèle produit par l’un des artisans-constructeurs français à faire appel à la plateforme (et même au moteur) de la R4, puisque René Bonnet, le carrossier de Champigny-sur-Marne, a présenté en 1962 et produit le cabriolet Missile sur cette même base.

Dans un style très réussi, la SOVAM réunit certains des traits esthétiques les plus à la mode sur les sportives (de petites comme de plus grosses cylindrées), comme le pare-brise panoramique, un capot plongeant se terminant en un nez fin et pointu, les deux paires d’optiques circulaires, le pare-brise et les montants de toit fort cintrés, et enfin la poupe trinquée, alors fort à la mode sur certaines sportives italiennes. Autre caractéristique à la mode sur les voitures de sport au milieu des années 60, le toit amovible de type « targa », qui permet aux occupants de profiter des agréments de la conduite au soleil sans pour autant mettre à mal la rigidité de la structure de la voiture ou avoir à renforcer celle-ci (ce qui risquerait de pénaliser les performances et la tenue de route).

La première berlinette SOVAM, désignée 850 (d'après la cylindrée de son moteur 45 ch de Dauphine) est présentée au Salon de l'Auto 1965, puis mise en production assez rapidement, et conserve encore au début des freins à tambours sur les quatre roues comme sur la R4. A noter que si les premiers exemplaires présentaient, à l’avant, une grille d’aération décorée d’un curieux motif en « V » (rappelant le logo de la société), les suivantes reviendront à une grille d’aération plus classique sans ornementation. De même, si les premières voitures sorties à l’automne 1965 étaient équipées, à l’arrière, de quatre feux circulaires, la plupart recevront des feux arrière rectangulaires arrondis, provenant des modèles Renault de l’époque. La SOVAM a de l’allure, même si le dessin des enjoliveurs de roues (sans doute empruntés à des modèles Renault) reste fort classique et sans aucune connotation sportive.

L’habitacle est étroit, spartiate et austère, comme sur la plupart des sportives populaires d'alors. La planche de bord présente une allure assez agréable qui, surtout avec son volant doté de branches métalliques ajourées, n’est pas sans évoquer celle des Porsche ou des Alpine. Un nouveau modèle apparaît bientôt, la SOVAM 1100, dans laquelle le moteur de Dauphine a été remplacé par un 1108 cc de Caravelle de 59 ch. La SOVAM 1100 bénéficie en outre d’un système de freinage plus efficace grâce au montage de disques à l’avant. SOVAM proposera même une version découvrable de la 1100.

En fait, le principal défaut de la SOVAM 1100 (et d'autres voitures similaires de la même époque), est que la performance n'est pas à la hauteur de l'apparence. Malgré le poids plume que confère la carrosserie en matériaux synthétiques et le moteur plus puissant, la 1100 plafonne à 150 km/h. Acheteurs et journalistes n'ont pas tous compris que ce modèle, comme beaucoup d'autres du même type, n'a pas l’ambition d’être une vraie sportive et n’en a que l’allure. Morin et Durand étudieront donc un projet de version plus puissante utilisant un moteur de R8. C'est là qu’entrera en scène un jeune designer talentueux et prometteur ayant pour nom... Patrick Le Quément, avec son tout nouveau studio de studio de design Style International créé avec John Pinko à Saint-Germain-en-Laye.

Texte essentiellement réécrit et adapté du site Rétro Passion Automobiles.

 

 

 

La SOVAM 1100, plus puissante

Une belle SOVAM 1100 photographiée dans un rassemblement d'anciennes.