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janvier 2026

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Les projets avortés de Renault 5 coupé

 

Le premier projet de Renault 5 par Michel Boué en 1967 était déjà un coupé...

... si bien que la première vraie proposition de coupé par Gaston Juchet en date du 6 mai 1970 n'en est pas bien différente...

Une autre proposition de coupé, non signée, assez similaire à l'exception du décrochement arrière qui ressemble à un embryon de coffre, avec un hayon façon "liftback".

Une autre proposition du 6 mai 1970, par Michel Béligond cette fois. On y trouve les ouies latérales arrière qui orneront bientôt les flancs de la Renault 17.

 

 

 

Si la Renault 5 a existé dans la plupart des configurations de carrosserie (trois portes, cinq portes, tricorps quatre portes, cabriolet, société), elle n'a en revanche jamais donné naissance à un break ou à un coupé. Et s'il n'y a jamais eu de projet de break, les projets de coupés, eux, n'ont pas manqué.

Le coupé n'a pas fait partie des premières études du projet 122, entre 1967 et 1969. Il faut dire que le projet initial de Michel Boué, qui servit de base au développement du modèle définitif, avait un hayon beaucoup plus incliné que la Renault 5 définitive, et ressemblait tellement à un coupé qu'il ne semblait sans doute pas opportun à ce stade d'envisager cette déclinaison.

La première fois qu'un coupé Renault 5 est spécifiquement étudié, c'est au printemps 1970. Gaston Juchet et Michel Béligond (et probablement d'autres designers maison avec eux) proposent des déclinaisons coupé de la Renault 5 qui restent totalement identiques à la berline jusqu'au montant central, puis changent sur toute la partie arrière. La proposition de Juchet, sobre à l'extrême et en même temps moderne, s'inspire grandement du projet original de Michel Boué pour la berline, à l'exception de la partie inférieure de l'arrière qui forme un angle au lieu de descendre jusqu'au bouclier. Finalement, ces projets n'aboutiront pas, et on en restera là.

Puis vient le projet 125, qui envisage de nouveau un coupé sur base de Renault 5, mais cette fois avec une carrosserie et un look totalement distincts, sans filiation visible avec la berline. Or ce n'est pas forcément une bonne idée de perdre à ce point de vue le modèle dont on tire le coupé, et même s'il arrive que des coupés soient très différents du modèle de base, il doit toujours rester un minimum de filiation stylistique. Et là, clairement, au vu des maquettes dont les photos ont circulé, ça n'était pas le cas. Quoi qu'il en soit, et quelle qu'ait pu en être la raison, le second projet de coupé Renault 5 sera abandonné à son tour.

Jamais deux sans trois (même si en l'occurrence on aurait fort bien pu s'en passer) : en 1977, une troisième tentative est initiée sous le code projet 143. Et même si l'on ne connaît pas toutes les propositions, on sait que celle de Robert Opron a dû sembler suffisamment intéressante pour donner matière à une maquette à l'échelle 1:1. Que dire ? C'est laid, ça n'a pas d'allure, c'est vitré de partout, avec un mélange de formes angulaires sur la moitié avant et de formes arrondies en bulle à l'arrière. De face on dirait la future Citroën BX. Il n'y a rien de ce qui fait l'ADN Renault dans cette proposition. Ni fait ni à faire, donc, et il n'est guère étonnant que ce projet n'ait pas passé l'épreuve de la sélection. Pas étonnant non plus qu'Opron ait fini par officier chez la marque aux chevrons, plus en phase sans doute avec ses concepts.

Mais il faut dire aussi que les coupés n'ont jamais été le point fort de Renault. Certes, les Renault 15 et 17, versions coupé de la Renault 12, sont l'exception qui confirme la règle, encore que ce soit surtout la 17 qui ait vraiment marché. La première Mégane Coupé (D64) était un design fort réussi également. Tous les autres "coupés" de Renault étaient plutôt des berlines trois portes... Et même quand le design était à la hauteur (par exemple le projet de coupé sur base de Renault 14 par Ligier), la frilosité prévalait et on rangeait le projet sur une étagère...

 

 

Trois maquettes du projet 125, et plus aucune filiation stylistique avec la 5.

Et que dire du projet 143 vu par Robert Opron ? Erreur de casting !