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version 4.0 mise à jour : janvier 2026 |
Renault 14 Ligier : coupé ou break de chasse ? |
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Dessins de Robert Broyer pour un projet de coupé sur base de Renault 14.
Maquette taille réelle en plâtre pour valider les volumes et les formes.
Maquette détaillée en taille réelle, datée du 26 novembre 1975.
Apparemment la même maquette avec quelques légères différences.
« Le produit offrait une habitabilité exceptionnelle, une fonctionnalité arrière nouvelle et surtout un Cx de 0,30 inhabituel ! »
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Cette histoire est celle d’un dérivé “break de chasse” extraordinairement innovant pour l’époque, conçu sur la plate-forme technique de la Renault 14, et qui devait être dévoilé un an après la berline, au salon de Genève de mars 1977, avant une mise en production... Naissance du projetLe coupé Renault 14 n’était pas un programme rajouté à la va-vite lors de la genèse du modèle, mais au contraire un concept étudié depuis trois ans en parallèle de la berline. « C’est en juillet 1974 que j’ai présenté ce projet à Bernard Hanon et François Wasservogel, responsables de produits chez Renault », se souvient son designer, Robert Broyer. Il a pourtant quitté le style Renault, où il avait dessiné la Renault 12 puis conçu le thème esthétique novateur de la Renault 14, avant même la présentation de celle-ci, pour implanter son propre bureau de style à Mâcon, en Bourgogne, mais continue de faire des propositions en tant que consultant externe.
Robert Broyer a profité de la modification architecturale pour dessiner des optiques rétractables à l’avant. C’est le choix qu’a retenu également Antoine Volanis pour dessiner la Matra Simca Bagheera de 1973, rivale potentielle du projet Renault. Broyer dessine également une ligne de ceinture de caisse plongeante au niveau de la portière avant, exacerbant le thème esthétique retenu pour la berline. Le style du prototype autorise un coefficient aérodynamique (Cx) de seulement 0.30, une valeur extraordinaire pour l’époque si l’on considère que la première berline de série à revendiquer un tel Cx sera l’Audi 100 en... 1982. Développement du prototype et premières inquiétudes
Si personne ne s'en préoccupe dans l'équipe de développement, plusieurs responsables de chez Renault s'inquiètent de la concurrence potentielle que le coupé Renault 14 pourrait faire aux Renault 15 et 17, versions coupé de la Renault 12 avec essieu arrière rigide, et qui viennent d'être restulés pour la phase 2. Or ces deux coupés sont pour le constructeur une vraie manne dont il ne peut se départir, d’autant que le projet de break de chasse 121, construit en matériaux composites, n’ambitionne pas les mêmes volumes et ne pourrait donc compenser les ventes de ses deux aînées. Présentation du prototypeLe 21 juillet 1976, le premier prototype roulant est révélé à la Direction Générale sur les pistes du centre de recherches Renault de Lardy, en région parisienne. La voiture est bleue et les seules pièces communes avec la berline Renault 14 encore inconnue du grand public sont les feux arrière. Pour le reste, tout est différent. La carrosserie en matériau composite, l'arrière taillé à la serpe, et le museau tout plat (très semblable à celui d’une Triumph TR7) qui a demandé l’une des rares modifications architecturales acceptées par le cahier des charges : le déplacement de la roue de secours du compartiment moteur vers le sous-plancher arrière, en plus du réservoir de plus grande contenance et du léger déplacement des chapelles d’amortisseurs.
Le prototype, immatriculé dans l’Allier (où sont implantés les ateliers de Guy Ligier), effectue ses premiers tours de roues à cette occasion. Le pilote malmène l’engin sur le difficile circuit routier de Lardy mais la démonstration est convaincante, et la direction de Renault valide donc la mise en production du modèle Une production planifiée puis annuléeLes responsables de la production commencent à programmer le lancement commercial. Les objectifs sont ambitieux, avec une production de 25000 coupés sur cinq ans, vendus 35.000 F contre 25.600 F pour la berline… Il est prévu une montée en cadence très lente dans les ateliers de Guy Ligier avec, dès le mois de mars 1977, quatre véhicules de présérie, dont deux doivent être utilisés pour la présentation en première mondiale au salon de Genève. 24 autres véhicules suivent en avril alors que le lancement de la fabrication de série est envisagé pour le mois de mai 1977, un an après la présentation de la berline, à raison de 64 véhicules, 119 en juin, 227 en juillet et 407 en septembre. La commercialisation est alors programmée pour le mois de septembre 1977. Bien entendu, aucun de ces 845 breaks de chasse Renault 14 ne verra le jour, puisque le programme est subitement arrêté, en octobre 1976, trois mois après les premiers essais à Lardy. Officiellement, il s’agit de ne pas faire de tort au duo des Renault 15/17 fraîchement restylé. On peut toutefois se demander s'il n'y a pas eu d'autres raisons à ce volte-face de la direction. Parmi elles, la crainte que la berline ne paraisse bien fade face au coupé sportif censé en être dérivé... Mais peut-être également des agissements plus souterrains, si l'on en croit Robert Broyer : « Je pense sincèrement que ce coupé moderne aurait cannibalisé les R15 et R17. Je crois aussi que Matra a eu peur pour sa Bagheera et a sans doute opéré pour que le projet n’aboutisse pas. Mais j’ai la satisfaction d’avoir créé un véritable concept.» Une hypothèse loin d'être farfelue si l'on considère que Ligier venait d'entamer une collaboration avec Matra en Formule 1 et ne voulait peut-être pas froisser la susceptibilité de son nouveau partenaire. Broyer note aussi que certaines astuces stylistiques ont ensuite été copiées par les plus grandes signatures du design : « Marcello Gandini, qui était alors consultant chez Renault, a notamment repris la ceinture de caisse plongeante au niveau de la porte avant pour l’adapter à son projet de Lamborghini Countach !» Et l'on se souvient également qu'il récidivera avec sa proposition non retenue pour le projet W60... Avec regret, les défenseurs du break de chasse 121 referment leurs dossiers mais ils vont vite se remettre à l’ouvrage pour élaborer un coupé quatre places, successeur des Renault 15 et 17. Ce projet deviendra la Fuego, un coupé sportif racé et iconique, même s'il était bien moins novateur que le coupé Renault 14. Principalement remanié d'un article de Christophe Bonnaud paru dans L’Auto-Journal du 2 juillet 1998
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Des lignes étonnantes et très innovantes pour 1975. Les phares rentrants et l'arrière plat évoquent immanquablement la future Volvo 480.
Intérieur de la maquette d'habitabilité.
Le prototype Ligier était un vrai modèle roulant, testé ici sur circuit à Lardy.
La Renault 17 paraît bien classique à côté des lignes modernes du coupé 121... Et pourtant, c'est elle qui sera en grande partie responsable de son annulation.
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