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mise à jour :

janvier 2026

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Express : électrique et hybride avec 20 ans d'avance

 

Le premier Express électrique, présenté à l'automne 1985.

La Poste sert aussitôt de client-test pour l'Express électrique.

 

 

Si les utilitaires hybrides ou purement électriques nous sont aujourd'hui devenus familiers, il n'en a pas toujours été ainsi. Retour sur les premières expérimentation de Renault dans ce domaine...

Le tout-premier Renault Express électrique fut expérimenté en 1985. Le site de l'INA a conservé un reportage télé du 21 novembre diffusé durant le journal télévisé de FR3 Rhône-Alpes à son sujet. Hélas, ce prototype électrique, avec sa lourde batterie au nickel et au fer intégrée, ne peut alors être adaptée qu'au seul marché des utilitaires. Renault s'associe à La Poste qui va utiliser un parc de ces Express électriques comme client-test durant quelques années. Mais, en défintive, l'autonomie du véhicule est jugée trop faible.

Dix ans plus tard, le Renault Express électrique est officiellement au catalogue du constructeur. Il sera produit de 1994 à 1998, et également commercialisé en Allemagne sous le nom Elektro-Rapid (Rapid étant le nom de l'Express sur ce marché).

Le programme HYMNE

Toujours sur la base d'une fourgonnette Express (alors la plus demandée en Europe, avec avec plus de 100.000 unités vendues en 1995), Renault présente en juin 1996 un prototype hybride baptisé HYMNE (pour Hybride à Moteur Normal Electrique), préfigurant le véhicule utiltaire hybride du futur.

Fonctionnant à l'électricité et à l'essence, il est doté de deux moteurs montés en parallèle à l'avant, un électrique de 15 kw et d'un moteur à essence D7F de 1.200 cm3 et 43 kW proposé sur les Clio 1.2. Grâce à un calculateur électronique, baptisé "superviseur", le mode de propulsion (électrique, thermique ou mixte) est adapté en permanence en fonction de la vitesse, des accélérations et du niveau de charge des batteries – l'objectif étant de gérer la répartition de la puissance entre le moteur essence et le moteur électrique afin de minimiser la consommation et les émissions.

HYMNE ne consomme que 3,7 l et un peu moins de 1 kWh. En mode électrique, Hymne offre le confort caractéristique des voitures électriques : une conduite sans rejets polluants, sans à-coups et silencieuse. Il bénéficiait d'une autonomie de 35 km et d'une vitesse maximale de 60 km/h. Au-delà, le moteur thermique prend progressivement le relais et amene le véhicule jusqu'à 125 km/h. le moteur électrique fournissant alors un complément de puissance. HYMNE peut parcourir quotidiennement entre 100 et 120 kilomètres, dont un tiers en zone urbaine, avec au minimum une dizaine de démarrages.

Renault n'exclue pas alors de pouvoir commercialiser HYMNE en série dès l'an 2000 si la demande est au rendez-vous, mais les véhicules hybrides ne sont alors pas encore rentrés dans le paysage automobile français, et acheter un tel véhicule ne va pas encore de soi.

Avec l'arrêt de l'Express, en 1998, Renault choisit de poursuivre le programme avec le Kangoo HYMNE, qui reprend la même technologie que celle du prototype sur base Espace, mais en l'adaptant au remplaçant de l'Express dans la gamme.

À noter que, parallèlement au développement de HYMNE, Renault mène à la même époque d'autres recherches dans le domaine de la motorisation hybride, avec une Espace à turbine la même année, et une Laguna Nevada équipée d'une pile à combustible en 1997.

 

Il faudra attendre les années 90 pour qu'il entre au catalogue de la marque.

 

Une vue fantôme du prototype HYMNE montrant l'agencement des élements.

Renault présenta en 1998 le Kangoo HYMNE, reprenant le même système.