version 4.0

mise à jour :

janvier 2026

 > Icônes > La Renault 4 > Coupés

La mini-Renault 4 Bertin

 

Deux photos d'époque de la Renault 4 conçue par Simonnet pour Bertin.

La mini 4L sauvée de la perdition et sur le point d'être restaurée.

La restauration de la R4 Bertin est parfaite, intérieur comme extérieur.

Une Renault 4 raccourcie à 2 places... ou quand Bertin inventait l'ancêtre de la Smart.

L'ingénieur Jean Bertin est un peu oublié aujourd'hui, mais il a marqué son époque par ses recherches innovantes. Extrêmement intelligent, il était titulaire non seulement d’un diplôme d’ingénieur en aéronautique, mais également d’un diplôme en droit. Après plusieurs années passées en tant que directeur de la Snecma (fabricant de moteurs d’avion), il fonde en 1955 sa propre société d’ingénierie. Avec ses collègues, il se penche sur les problèmes énergétiques futurs, la pollution de l’air et l’engorgement des villes. Il est à l'origine du fameux Aérotrain, dont le gouvernement français soutiendra le projet (avant de l'abandonner quelques années plus tard). Jean Bertin avait donc déjà un œil tourné vers les moyens de transport du futur. Cette Renault 4 raccourcie était pour lui une tentative de solution pour diminuer les embouteillages qui commençaient déjà à se former dans les grandes cités.

Aujourd'hui tout le monde l'appelle la "Renault 4 Bertin" ou le "Coupé 4L Bertin", mais cette mini-Renault 4 a en fait été élaborée au milieu des années 60 par l'ingénieur Jean Simonnet, sous la direction de Bertin. La 4L a paru alors comme une base idéale pour le projet, du fait sa fonctionnalité et de sa simplicité. La caisse d'origine fut sciée et raccourcie de 74 centimètres, puis ressoudée. L'empattement passa alors de 2,40 m à 1,66 m seulement. Avec sa longueur totale de 2,93 m, elle devenait plus courte même qu'une Fiat 500 ou une Austin Mini... et pourtant, le volume du coffre restait inchangé. À noter également que la banquette arrière remplaçait désormais les sièges avant.

Malheureusement, la taille même du moteur Cléon ne permettait pas de raccourcir la partie avant, de sorte qu'on obtenait une voiture d'allure un peu déséquilibrée, mais néanmoins fonctionnelle, et qui put recevoir une homologation lui permettant de rouler sur route. Hélas, malgré une présentation officielle au Salon de l'auto 1969, elle n'a pas séduit. La mini 4L fut conduite régulièrement par des employés de Bertin, mais également par un collaborateur du ministre français de l'environnement de l'époque. Elle sera ensuite léguée à la fondation Claude-Nicolas Ledoux, mais finira par être endommagée dans l'entrepôt où elle reposait.

Rachetée par le musée automobile de Mulhouse en 1984 pour un franc symbolique, elle restera ensuite enfermée durant deux décennies et quasiment oubliée. Un journaliste la redécouvrira en 2007 lors d'une visite, conduisant à sa redécouverte. Elle sera restaurée en profondeur par l’équipe technique des ateliers du musée, avec le concours du lycée Bugatti, et aujourd'hui, la puce roulante de Bertin est une attraction garantie sur tous les événements d'automobiles anciennes auxquels elle participe.

Texte inspiré notamment de l'article de Losange Magazine et de celui paru dans Gazoline N° 206

La R4 Bertin est désormais un fleuron de la collection du musée de Mulhouse.

La R4 Bertin remporte toujours un franc succès lors de ses apparitions (photos; provenant du site Losange Magazine).