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janvier 2026

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Les codes projets Renault : Quatrième système (2013)

 

 

Le système alphanumérique "X00" avait très bien fonctionné durant plus de 40 ans, mais la plupart des codes à deux chiffres entre 01 et 99 avaient fini par être utilisés. De plus, l'alliance Renault-Nissan étant axée sur le concept de plateformes communes réutilisables, il était devenu souhaitable que les codes projets intègrent l'indication de la plateforme utilisée pour chaque modèle.

Pour ces raisons, un nouveau système à trois lettres a été introduit. Ce qui ne changeait pas, c'était la première lettre utilisée comme préfixe : X pour la naissance du modèle, ce dernier étant ensuite décliné selon les types de carrosseries déjà mentionnés. Par contre, plus de "W" pour les avant-projets.

La seconde lettre indiquait la plateforme utilisée :

B CMF-/-A+ E Alpine H M0 M Daimler
C CMF-EV F CMF-1 (CMF-C/D 2e gén.) H CMF-CD3 N Nissan
D Renault-Daimler G CMF-B0 (X13 2e génération) J CMF-B/B0 (2e génération) Z P32

La troisième lettre indiquait quel modèle de voiture était construit autour. Ainsi, par exemple, la plateforme CMF-1 (c'est à dire la CMF-C/D 2e génération) était codée F. Les modèles construits sur cette plateforme étaient désignés _FA, _FB, _FC, etc., avec le X devant, remplacé par la lettre du type de carrosserie. Pour la Mégane IV, codée XFB, on avait donc :

  • BFB : Mégane Hatch (berline 5 portes)
  • KFB : Mégane Estate (break)
  • LFB : Mégane Sedan (berline 4 portes)
  • SFB : Mégane Société

Exceptionnellement, le Scénic avait un code différent (XFA), et était donc décliné en :

  • FFA : Scénic Société
  • JFA : Scénic
  • RFA : Grand Scénic

Vous pouvez voir à droite comme exemple tous les modèles réalisés à partir de la plateforme "F", ce qui inclut un showcar non commercialisé où le préfixe "Z" des prototypes vient se rajouter en 4e lettre (ZXFK) ainsi que les versions Nissan et Mercedes du Kangoo, qui restent pour Renault des XFK quelle que soit la version.

Pour l'identification plus précise des versions dans le V.I.N., rien ne changeait : on substituait toujours un caractère unique au code du modèle ; pour la Mégane et le Scénic, le _FB et _FA devenaient "9", ce qui donnait donc les transcriptions suivantes : B9, K9, L9 (pas de "S9", juste B9 pour toutes les berlines), J9 et R9 (pas de "F9", juste J9 pour tous les monospaces courts). Et donc, comme avant, restaient deux caractères pour spécifier plus précisément toutes les sous-versions.

Ce système, encore assez proche du précédent, a vite révélé ses limites. Alors que le précédent avait tenu près de 35 ans, celui-ci a été liquidé au bout de huit! Pourquoi ? Tout d'abord, un système uniquement alpha se révèle compliqué à l'usage, et génère beaucoup d'ambiguïtés. On mémorise facilement un code alphanumérique, mais quand une trentaine de programmes de trois lettres sont développés en même temps (ce qui était le cas), cela devient vite un foutoir inextricable! Et cela d'autant plus qu'il y a aussi les lettres de substitution utilisées dans les Types Mines, avec pour effet qu'une Arkana (LJL) est aussi une LC... et comme la troisième lettre du Type Mines est souvent ajoutée, une LJL est aussi une LCM, une LJC est aussi une LDM, etc. Vous voyez le souci? Sans parler des nombreux sigles de trois lettres couramment utilisés dans les documents (LCV, HEV, LCD, SUV, CMF, CMS, etc.) qui ajoutent vite à la confusion.

Ensuite, il semble qu'il y ait eu une mauvaise gestion des codes en interne; Renault a non seulement dédoublé certains codes (FA pour le Scénic IV, FB pour la Mégane), mais il y a eu six codes distincts pour la famille Kwid/Spring, pas moins d'une dizaine de codes pour des projets de remplacement du Kadjar, presque autant pour celui du Koleos... Et le pire de tout, c'est que la plupart n'ont pas abouti.

Dans l'ancien système, tous ces projets avortés auraient pu n'être que des W et voir leurs codes réutilisés. Seulement voilà: il n'y avait plus de W dans ce nouveau système ! Une fois que l'étude d'un projet était lancée, c'était un X--, et son code ne pouvait plus être réutilisé...C'est ainsi qu'on a gâché les codes BF, FO, HB, HP, ZN, et sans doute des tas d'autres pour des études sans lendemain... avec pour conséquence qu'on atteignait déjà la lettre P pour certaines plateformes, alors même que beaucoup des projets n'avaient pas abouti.

Autre souci: comment indiquer si un projet était issu de Renault ou d'une autre marque du groupe? Les codes assignés aux Renault, aux Dacia, aux Lada et aux Renault Samsung se succédaient sans rien qui permette de les identifier – à l'exception peut-être des modèles de la plateforme X13 (codée G), tous de marque Lada – sauf que Lada avait aussi des projets sur la plateforme J de la Clio V et de la Logan III...

Dernier problème, et de taille: la rupture d'avec Dongfeng en Chine, puis la perte du marché russe. Près de la moitié des programmes en cours concernaient des modèles destinés à l'un ou l'autre de ces marchés. S'ajoutent les pertes financières conséquentes du groupe en 2019-2020 qui ont conduit à l'annulation de nombreux programmes. Au total, c'est une bonne quinzaine de projets (et donc de codes attribués) qui sont passés à  la trappe. Exit les FG, FH, FI, FJ, HC, HK, HO, HQ, JH, JN, JO, ZC, ZI, ZK...

Le système à trois lettres n'a donc pas duré très longtemps, sept ans à peine, mais bien entendu, les modèles conçus durant cette période continuent d'utiliser ces codes tant qu'ils sont commercialisés.

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